Le loup à la Maison du Braconnage

Haro sur le loup

Plein feux sur les louvetiers

« Le loup, il arrive en Sologne  dans les trois ou cinq ans tout au plus ».
Ce n’est pas un prophète halluciné qui s’exprime, c’est Alain Pointard, lieutenant de louveterie et fin connaisseur des chasses de Sologne.
Pas plus d’angoisse que cela ! Peut être même que le loup va venir résoudre de manière naturelle des problèmes de surpopulation de gibier qu’on n’arrive pas à juguler par d‘autres moyens. Chasseurs, veneurs, piégeurs, tout le monde se prépare à la réapparition inéluctable du grand prédateur.
C’est donc pour anticiper cette chronique d’un retour annoncé que la Maison du braconnage se met à l’heure du loup et des louvetiers.
Tout un programme d’expositions de conférences et de rencontres, durant tout le mois de Septembre.

 

Des expositions

Du 1er au 30 septembre aux heures d’ouverture de la Maison du braconnage.

Loup illustré Web3934

Images du Loup mythique

La première exposition est consacrée à la prolifique iconographie historique sur le loup.
Elle décrit de façon édifiante l’imagerie du loup à travers le monde.
Le loup y est souvent décrit comme un monstre féroce, sanguinaire.
Les scènes représentées sont à la limite du vraisemblable, dans la violence comme dans l’angélisme.

Louveterie d’hier et d’aujourd’hui.

La seconde partie est consacrée à la louveterie à travers les siècles.
Le Musée du Loup a créé cette exposition sur la Louveterie dans le cadre du 1200ème anniversaire de cette institution en 2013.
Les louvetiers étaient chargés exclusivement d’«éradiquer» les nuisibles, et en particulier le loup,  «le plus nuisible de tous» par tous les moyens disponibles à l’époque.
Cette exposition part sur les traces de la chasse au loup. L’histoire de la Louveterie .une institution qui a traversé  les siècles depuis sa création en l’an 813.
Louveterie Royale et Louveterie Provinciale; La constitution d’un équipage et les uniformes;
Les techniques de chasse et les armes réglementaires; Chasseur de la Bête du Gévaudan; L’histoire d’une femme louvetière (1747-1823) et Le baron Maurice Halna Du Fretay (1835-1901,telles sont les approches de cette exposition.

Des conférences

Le Vendredi 5 septembre à 20h30 à la Maison du braconnage : LA LOUVETERIE AU SERVICE DES FAIBLES ET DES PUISSANTS 

Le loup reste le seul animal sauvage à avoir suscité la création d’un corps d’agents chargé de le détruire. Crée par Charlemagne en 813, supprimée à l’époque révolutionnaire suite à des contraintes budgétaires, reconstituée en 1804 par Napoléon 1er, la louveterie reste aujourd’hui une des rares institutions de l’Ancien Régime à avoir traversé le temps.
Répondant aux inquiétudes du monde rural qui souffre des méfaits de la « bête malfaisante », cette lutte institutionnelle devient aussi une source de conflits entre les louvetiers, l’administration forestière et les paysans sur qui pèsent trop souvent les contraintes de la réquisition pour les huées et battues.
Le recrutement aristocratique des lieutenants de louveterie, leurs privilèges et l’efficacité relative de leur action génèrent d’autres tensions.
En 1971 la loi adapte le corps des louvetiers à l’économie moderne et en fait des conseillers cynégétiques, fonctionnaires bénévoles sous l’autorité du préfet.
Mais depuis 1992, avec le retour naturel de canis lupus dans de nombreuses régions françaises, leur rôle est il obsolète ou nécessaire ?

Le conférencier : Daniel Bernard

Natif du Berry dont il défend avec passion le patrimoine rural, Daniel Bernard consacre ses recherches à la société paysanne et aux arts et traditions populaires de sa province. Après des études à Orléans et à la Sorbonne, il soutient une thèse de doctorat à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris sur le thème de l’itinérance dans le centre de la France.
Spécialiste de l’histoire du loup en France, il a consacré plusieurs ouvrages au dernier fauve de nos forêts : la fin des loups en Bas-Berry, un loup enragé en Berry et l’homme et le loup. Ce dernier ouvrage, paru aux éditions Berger-Levrault  en 1981, a connu un grand succès . En octobre 2000, il publie aux Editions Gérard Tisserand-De Borée, un superbe album illustré qui fait le point sur l’histoire et les traditions populaires lupines : Des loups et des hommes. 
En 2013 il intervient au symposium  de Saint Martin de Vésubie : « Vivre ensemble avec le Loup ».

Le Vendredi 19 Septembre à 20h30 à la Maison du braconnage : LE LOUP A BÂTONS ROMPUS

Cette soirée-débat sur le loup « à bâtons rompus » se veut interactive , en prise directe et conviviale avec les participants : c’est donc à partir des questions et réactions du public que le débat s’articulera, éclairé par par les connaissances pluridisciplinaires du conférencier animateur. On pourra aborder facilement avec Jacques Baillon tous les aspects relatifs au carnivore, son passé dans notre région, sa disparition de France dans les années 30, son retour à partir des années 90, son expansion actuelle, sans oublier les questions qui fâchent : la problématique de la cohabitation avec les activités humaines, élevage, chasse et même .. la peur du loup qui est peut-être toujours présente, ici ou là, chez nos contemporains.

L’invité : Jacques Baillon

Jacques Baillon est orléanais. A partir des années 1970, il se passionne pour les cervidés et pour les grands prédateurs. En 1990 il publie un premier ouvrage sur le loup « Nos derniers loups » qui raconte l’histoire de la disparition du carnivore en Orléanais, puis, en 2011 « Le loup, autrefois, en forêt d’Orléans ». En 2014 paraissent « Le loup, autrefois, en Beauce », « Bestiaire d’antan » et « Le loup, en France au vingtième siècle ». Un autre ouvrage sur le loup : « Le loup, autrefois, en Sologne », est actuellement en préparation. Cet intérêt marqué pour les grands prédateurs et leur histoire l’amènera à collaborer avec le Muséum d’Orléans notamment à l’occasion de deux colloques internationaux sur le loup en 2004 et plus récemment sur le lynx, dont les actes ont été édités par le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.


Journées Européennes du Patrimoine, s
amedi 20 et dimanche 21 Septembre

Des louvetiers en chair et en os à la Maison du braconnage. 

L’association des Louvetiers de Loir et Cher que préside Chantal Langlais a accepté d’accompagner  la visite de la Maison du Braconnage les 20 et 21 Septembre dans le cadre de Journées Européennes du Patrimoine. De vrais Louvetiers dans leur tenue de travail pourront répondre à toute les questions que vous pouvez vous poser sur leur statut, leurs fonctions , sur les compétences qui leurs sont attribuées par le préfet dont ils sont à la fois le conseiller en matière cynégétique et le bras armé qui exécute ses décisions.
Véritables spécialistes de terrain, ces fonctionnaires bénévoles sont au quotidien impliqués dans les problématiques de dégâts occasionnés par la faune sauvage, qu ‘elle soit classée gibier ou nuisible. Médiateurs entre chasseurs, usagers et administration, les louvetiers ne manquent pas d’anecdotes sur les conflits du quotidien dans les bois solognots.

Les intervenants :

Chantal Langlais

Sur les 1700 louvetiers de France il n’y a que 17 femmes. Chantal Langlais fait partie de ces 1% de louvetiers au féminin. Elle préside l’association des Louvetiers de Loir et Cher. Passionnée de petite vènerie, elle exerce sur le secteur de Bracieux.


Alain Pointard

Fils et petit fils de garde chasse Alain Pointard est connu comme le loup blanc dans le petit monde de la chasse Solognote. Il officie sur le secteur Lamotte Pierrefitte et se voit confier des missions délicates. Restaurateur de profession, il quitte volontiers la tenue de cuisine pour celle de lieutenant de louveterie.